Glossary project: Welcoming

 Ateliers d’écriture Elisabeth Bing proposes its first word for our EACWP Glossary project: Welcoming. The teachers Fréderique Anne and Alice Bsereni present two different perspectives of the same word both in English and French

 

writersworkshop

About Welcoming

Frédérique Anne

The writing workshop is a welcoming land.

But what if there’s no physical space, no door to open, no smile ? How can we «welcome» in the immaterial context of an internet workshop?

Welcome each student, without a welcoming smile. Say something about ourselves, don’t ask them any question, tell them the rules of the workshop and the freedom offered inside these rules. Tell them the uniqueness of the relationship between the teacher and each student. I will send you feedback on your work, you will be the only one who reads it. During module 4,  I will remind you of a text you wrote at the beginning of module 1, “remember that text that had been so difficult to write, that character you created who hasn’t stopped growing and hasn’t stopped surprising you – and your readers – ever since”.

Welcome the group without a common table, without teapot, without eyes set upon each other. Welcome the group inside a shared project. “About the other students, you will only know their first name and their writing. Going through the various modules, you’ll become a group, you’ll become expert readers one for the other, friendly yet never (over)indulgent.”

Welcome the texts without the emotion caused by reading aloud. Read texts that have been rewritten, have ripened, into which students have put all their talent, all their objectives, beliefs, questions. “I’ll transfer your text to the group, like a garland, like collection, in the expectation of feedbacks.”

Welcome feedbacks without the nuancing glances, the hesitation, the caution that usually accompany them in a material workshop. Authors/readers will have taken time to reflect on the meaning, analyze the details. Soon everybody will know that one can be direct and honest. Together we will welcome feedbacks like new texts.

Dire Accueil

Frédérique Anne

L’atelier d’écriture est une terre d’accueil.

Mais comment accueillir quand il n’y a pas de lieu, pas de porte à ouvrir, pas de sourire ?

Comment parler d’accueil  dans ce lieu hors sol qu’est  l’atelier par courriel?

Accueillir chaque participant, sans le sourire de bienvenue. Dire quelque chose de soi, ne pas poser de questions, poser le cadre et dire la liberté dans le cadre. Dire l’unicité de la relation entre l’animateur et chaque écrivant. Je t’enverrai des retours sur ton texte et toi seul(e) les liras, ils ne seront qu’à toi. Et je te rappellerai, au cours du module 4, ce texte que tu avais écrit, au tout début du module 1, et qui t’avait donné du mal, et ce personnage que tu avais créé et qui ne cesse de grandir, de te surprendre et de surprendre tes lecteurs.

Accueillir le groupe, sans table commune, sans théière, sans le regard posé sur l’un et l’autre. Accueillir le groupe dans un projet partagé. Chacun saura des autres un prénom et une écriture. Vous vous tutoierez. Et de module en module, vous ferez groupe et deviendrez les uns pour les autres lecteurs privilégiés, complices et jamais complaisants.

Accueillir les textes, sans l’émotion de la lecture à haute voix. Lire des textes écrits, revus, retravaillés, des textes mûris, dans lesquels les participants ont mis tout leur talent, tous leurs objectifs, toutes leurs convictions, toutes leurs questions. Je transmettrai vos textes au groupe, comme un florilège, une guirlande, dans l’attente des retours.

Accueillir les retours, sans les regards échangés, l’hésitation, la prudence. Les auteurs/ lecteurs auront pris du temps, ils se seront attachés au sens et au détail, ils auront compris qu’ils pouvaient être directs et sincères. Ensemble, nous accueillerons  les retours comme de nouveaux textes.

Welcoming

Alice Bsereni

First contact

In a writing school, the first contact between a candidate and the structure is highly relevant. It can determine the candidate’s decision to start the adventure of the writing class. It’s not only an opportunity to exchange some practical information, but also a time to express expectations, demands, introduce oneself, receive an answer. The person who welcomes must listen with care in order to detect these different components, be tactful, intuitive and empathic in order to hear and give an answer even to unsaid or implicit expectations.

Welcoming measures

The quality of the communication devices (website, flyers, availability) obviously matters in order to welcome. It is also good for a school to actively attend encounters, fairs, radio shows, literary and social events, etc.

A very important role is played by the first workshop the students attend at our school. Les Ateliers d’écriture Elisabeth Bing have created a special introductory workshop (Atelier Découverte) to enable candidates to experiment our approach. It has the function of a filter (or of a “Sesame”). The quality – both relational and pedagogical – offered by the teacher often determines the candidates’ decision to go on.

The welcoming of the texts …

Each three-hour workshop is divided in three parts. First the teacher formulates the prompt. This phase is followed by a writing time. Finally the written texts are read by their authors and discussed. During the writing time – the time necessary for the text to be created – the teacher furthers silence, discretion, concentration. But he or she also offers his/her availability answering questions that might arise, offering hints or encouragement when necessary. During the time of reading, the teacher welcomes each participant’s “voice” in its individuality. He or she offers personalized feedback and help to improve and evolve.

… and of their side-effects

If we are primarily interested in the texts and in the way they work literarily, we also welcome the emotions that they trigger (inside the writer and inside the readers.)

The words of a former student come back to my mind. She stressed the importance of silence, be it during the time spent writing but also when listening to the texts and perceiving the emotions caused by them. Silence allows for a time of incubation, offers a time of relief between two intense moments –  like in a symphony, or in a play, or in a choreography or in a poem. Then silence is like a receptacle, a form of respect, it’s like taking a breath that allows to give some depth to the artwork, to the time spent creating. In these moments welcoming takes the form of a meditative silence.

Accueil

Alice Bsereni

L’accueil

En ateliers d’écriture, cette première interface entre une candidature et la structure est une étape clé dans l’aventure d’un atelier. Le tout premier contact peut être déterminant dans la décision de s’engager dans l’aventure d’un atelier. Outre l’échange d’informations pratiques et utiles, il s’agit d’un temps où exprimer une attente, formuler une demande, se faire connaître, obtenir si possible une réponse. Il faut à l’accueillant déployer une qualité d’écoute vigilante apte à en déceler les composants, faire preuve de tact, d’attention, de discernement, d’intuition et parfois d’empathie pour être en mesure de débusquer et répondre à des attentes quelques fois non dites ou implicites.

Dispositifs de l’accueil

La qualité des outils de la communication, site Internet, matériels documentaires et disponibilité entrent dans les composants d’un dispositif global d’accueil, au même titre que l’aptitude à écouter les demandes diverses. Il est bon de multiplier les occasions de rencontres, journées portes ouvertes, participation à des salons, des émissions radiophoniques, divers événements littéraires et associatifs. Relevons l’importance du tout premier atelier que nous appelons A E D, ou à défaut tout autre atelier d’accueil. Il fait à la fois fonction de filtre et de sésame, et peut s’avérer déterminant pour franchir le pas. La qualité de relation instaurée avec l’animateur emporte généralement la décision.

L’accueil des textes …

Le temps de l’atelier est scandé en trois phases qui déclinent chacune diverses variations de l’accueil des textes. La première, celle du texte littéraire et de la proposition, la deuxième celle de l’écriture avec le temps nécessaire au texte pour advenir. Il est fait de silence, de discrétion et de concentration, mais aussi de disponibilité de l’animateur à toute demande d’aide. Enfin celle de la lecture, autre temps d’accueil, de partage et d’échanges. L’accueil de l’écrivant dans sa singularité est à mettre en corrélation avec l’accueil de ses textes. Cette technique d’animation s’exerce sous formes de retours, puis de retravail du texte. Nous sommes là au cœur de leur dispositif, levier de l’ensemble des échanges qui peuvent s’engendrer.

 … et leurs dérivés

Si nous nous intéressons en premier lieu au fonctionnement des textes, nous accueillons aussi la gamme des émotions dont ils sont habités, qu’ils engendrent et suscitent à leur lecture, côté auteur comme côté lecteur.

Me revient aussi en mémoire la remarque d’une écrivante relevant l’importance du silence au cours de l’atelier, tant à l’accueil d’un texte qu’aux réactions qu’il engendre. Temps d’incubation, d’infusion, battement entre deux autres temps forts, comme il en est du phrasé musical d’une symphonie, d’une scène au théâtre, d’un suspens au coeur d’une chorégraphie, dans un poème… Silence réceptacle, respect, respiration qui donne relief au corps de l’œuvre, au temps de création. L’accueil se fait ici recueillement.